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Territoire palestinien occupé: un an après la conférence de Paris, les civils continuent de payer, Oxfam France -
Agir ici, décembre 2008 (PDF)
(english version) |
La directive porte à 20 % la part d’énergie renouvelable que les pays européens s’engagent à atteindre en 2020, dans leur bouquet énergétique global. Cette décision cache malheureusement l’objectif spécifique, dans le secteur des transports, d’incorporer 10 % d’agrocarburants dans les carburants fossiles, qui va accélérer la ruée des entreprises européennes vers les terres dans les pays du Sud, avec l’appui des gouvernements de ces pays, au détriment du droit à l’alimentation des populations les plus démunies.
Les Amis de la Terre, le CCFD–Terre solidaire et Oxfam France–Agir ici dénoncent le chantage réalisé jusqu’au dernier moment par certains Etats membres, menaçant, avec succès, de bloquer les négociations sur l’ensemble de la directive, si l’objectif de consommation d’agrocarburants était revu à la baisse.
"Nous regrettons particulièrement la position défendue par la Présidence française de l’Union européenne, au nom des chefs d’Etat européens, dans la négociation tripartite avec le Parlement et la Commission. Alors que les impacts négatifs soulevés par la campagne « Les agrocarburants ça nourrit pas son monde » sont admis par la plupart des interlocuteurs rencontrés au sein du gouvernement français, et malgré les mises en garde des agences des Nations unies spécialisées ou des institutions internationales, la France, qui menait les négociations, a fait la sourde oreille." poursuit Sébastien Godinot, des Amis de la Terre.
"Le gouvernement français n’a pas soutenu l’instauration des gardes fous proposés par le Parlement européen, nécessaires pour prévenir la déforestation, protéger le droit à l’alimentation, éviter les déplacements forcés de populations et protéger les droits des peuples indigènes. Au contraire, la France s’est crispée sur le maintien de l’objectif de 10%, rejoignant en cela des pays producteurs d’agrocarburants tels que l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne, privilégiant les intérêts à court terme de leur lobbies agricoles plutôt que la lutte contre la faim dans le monde." conclut Jean-Denis Crola , d’Oxfam France – Agir ici.
A l’heure où la France et l’Union européenne se mobilisent pour apporter une réponse à la crise alimentaire, nous déplorons le fait que leurs politiques énergétiques se fassent au détriment de la lutte contre la faim dans le monde. Les Amis de la Terre, le CCFD–Terre solidaire et Oxfam France–Agir poursuivront leur campagne pour s'opposer à cette politique européenne irresponsable, rejeter les agrocarburants au r ang des fausses solutions à abandonner, et promouvoir les diverses alternatives existantes.
Les armes à sous-munitions se présentent sous la forme de bombes, de roquettes et d'obus qui, en éclatant, dispersent des centaines de sous-munitions dont beaucoup n'explosent pas immédiatement. Elles demeurent ainsi un danger potentiel pour les populations civiles - parfois jusqu'à trente ans après leur lancement -, les enfants et les paysans faisant partie des catégories les plus menacées.
Quelque 440 millions de bombes à sous-munitions ont été utilisées dans le monde depuis 1965, et 29 pays et territoires (Afghanistan, Laos, Irak, Kosovo, etc.) en sont encore affectés. Le dernier conflit où elles ont été employées massivement est la guerre du Liban sud, pendant l'été 2006, Israël et, à une échelle bien plus faible, le Hezbollah, ayant utilisé des centaines de milliers de BASM. Selon plusieurs sources, la Russie et la Géorgie ont également eu recours à des sous-munitions lors du conflit d'août 2008.
L'EXEMPLE D'OTTAWA
Sans exploser lors de leur impact, les BASM se transforment de facto en mines antipersonnel, lesquelles ont été interdites par la convention d'Ottawa de 1997. Ce texte constitue une sorte de modèle : entré en vigueur le 1er mars 1999, le traité d'Ottawa a contraint la plupart des Etats signataires (les Etats-Unis, la Russie et la Chine font partie des 13 pays qui continuent à produire des mines antipersonnel) à détruire leurs stocks.
Les avocats d'un traité d'interdiction des BASM ont adopté une stratégie similaire à celle suivie à Ottawa : un traité d'interdiction défendu par certains Etats et la société civile (les ONG et les signataires d'une pétition internationale), afin de dépasser la lenteur et la pusillanimité des gouvernements. Le "processus d'Oslo" s'est en effet développé parallèlement à celui de la conférence de Genève sur les armes classiques (CCW) visant à limiter l'emploi des sous-munitions. Ce forum, dont les partisans défendent une position beaucoup plus timorée, s'est de nouveau réuni en novembre, pour aboutir à un échec.
Le nombre des pays signataires du traité d'interdiction des BASM sera resté incertain jusqu'au bout, l'objectif étant d'atteindre le nombre des pays (107), qui étaient présents lors de la conférence de Dublin, le 30 mai 2008.
Les Etats-Unis qui, selon l'Arms Control Association (ACA) de Washington, posséderaient un stock de 700 millions de sous-munitions, se sont engagés à ne pas utiliser, vendre ou transférer des sous-munitions dont le taux d'échec (non-explosion lors de l'impact) est supérieur à 1 %, d'ici à... 2018. Israël n'a pris aucun engagement similaire : le Congrès américain pourrait approuver prochainement un projet de vente à l'Etat juif d'au moins un millier de BASM. La signature du traité d'Oslo ne marquera pas la fin du combat des ONG, qui vont tenter de convaincre les Etats de ratifier le traité (il entrera en vigueur lorsque 30 Etats l'auront fait), ainsi que des mesures d'application comme la destruction des stocks.